« Mon plus beau souvenir : quand un bonhomme de deux têtes de plus que moi m’a remerciée de l’avoir poussé pour finir le raid »

Manon, référente de la commission Sport de la FÉDÉEH, marraine de l‘AVENTURAID (EDHEC), revient sur son rôle au sein de la commission et son expérience sur le RAID ESSEC.

Bonne humeur au RDV sur le RAID ESSEC malgré les difficultés du parcours

Bonne humeur au RDV sur le RAID ESSEC malgré les difficultés du parcours

Depuis 6 mois, tu as rejoint la Commission Sport pour Tous en tant que référente course à pieds. Quel est ton rôle?

Mon rôle en tant que référente course à pieds de la Commission Sport pour Tous de La FÉDÉEH est de recenser l’ensemble des courses, notamment les raids, qui nous sollicitent pour participer en tant qu’handisportifs. Puis, il s’agit de me rapprocher des organisateurs, lors de Rencontres Nationales de La FÉDÉEH par exemple, afin de discuter ensemble des modalités organisationnelles d’accueil des handisportifs sur les raids. Nous nous basons notamment sur le retour d’expérience d’épreuves auxquelles nous avons participé, afin d’améliorer les éditions futures et d’éviter aux autres associations étudiantes de commettre les mêmes « erreurs ». Nous réfléchissons ensemble à comment améliorer davantage l’accueil des handisportifs sur les raids en termes de sécurité notamment.

Nous avons aussi un axe de rencontre des handisportifs avec leurs « futurs » guides (une fois trouvés) en amont des épreuves, en faisant une après-midi « cohésion Run&Bike » quelques semaines avant le raid prévu. Une première après-midi de ce type a été réalisée en janvier 2015 pour préparer le Prologue du Raid Centrale Paris, et cela fut une réussite pour tous.

Enfin, j’aimerais développer la reconnaissance des parcours trail et VTT des raids par un (ou des) binôme(s) handi-valide(s) de la FÉDÉEH plusieurs mois avant le raid. Cela permet d’émettre des recommandations pour s’assurer d’avoir un parcours permettant aux handisportifs de réaliser le raid en toute sécurité. Pour le moment, cette démarche a été menée en amont du Prologue du Raid Centrale Paris avec l’équipe organisatrice, sur la partie trail. Toutes nos recommandations ont été retenues et prises en considération, et le parcours a été entièrement adapté sans pour autant enlever de sa difficulté. 

Pourquoi as-tu décidé il y a un an de pratiquer en tant qu’handisportive, et non plus en tant que valide?

En réalité, on me l’a proposé. Marc, de la FÉDÉEH, savait que j’étais sportive. Il m’a expliqué que le Raid ESSEC nous sollicitait pour venir concourir en binôme handi-valide (1 handisportif + 1 valide). Il m’a proposé de participer, et j’ai accepté. Quelques jours avant le Raid, on a rencontré nos binômes respectifs, et j’ai demandé à mon binôme quel était son handicap, persuadée que je serai son guide. Il m’a alors dit qu’il était valide, et que c’était moi l’handisportive… Je ne comprenais pas au début car je ne voyais pas en quoi cela était handicapant pour moi, j’avais toujours fait en sorte de compenser au mieux ma déficience auditive, et la cacher pendant les courses à pieds que je faisais. Le jour du Raid, j’ai compris quand on a pris les VTT… J’ai chuté plusieurs fois, perdant l’équilibre, heureusement sans gravité. Grâce à l’aide de mon guide, on a réussi à finir. Et ce jour-là, j’ai décidé de faire reconnaître mon statut d’handisportive pour mes courses futures, et d’en faire une force. 

Tu as participé au Raid ESSEC les 20 et 21 mars derniers pour la première fois en binôme handi-handi. Quels ont été tes ressentis et ton meilleur souvenir ?

Cette édition 2015 du Raid ESSEC était un triple challenge pour moi:

–       faire le Raidoutable : le parcours le plus long proposé par le Raid ESSEC, jamais réalisé par un handisportif jusqu’alors (86 km parcourus)

–       le faire en binôme handi-handi

–       m’improviser guide pour l’handisportif avec lequel j’étais (c’était son premier raid) et me retrouver sans guide, à devoir compenser mon handicap seule et aider mon binôme à compenser au mieux le sien.

Mais nous l’avons fait : Trail de nuit et raid de jour (trail, VTT et tir à l’arc pour l’actifun). 86 km en binôme, 86 km à l’encourager pour finir ce raid, 86 km de dépassement de soi.

Alors c’est une victoire de plus face à la maladie, face au handicap !

Mon meilleur souvenir reste l’arrivée, quand mon binôme, jeune homme de deux têtes de plus que moi, m’a pris dans ses bras et m’a remercié de l’avoir poussé pour qu’il finisse ce raid ! 

Que dirais-tu aux handisportifs qui hésiteraient à franchir la porte des raids multisports?

J’aimerais leur dire à tous que c’est un challenge envers soi-même avant tout, mais aussi face à la différence et au handicap. C’est une manière de prouver à tous les valides que différence n’est pas synonyme d’incompétence, mais au contraire qu’on sait en tant qu’handisportifs en faire une véritable chance. 

En bonus, retrouvez les meilleurs moments du RAID ESSEC en images :

Des équipes au top sur le raid ESSEC

Des équipes au top sur le raid ESSEC

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